Zika, chikungunya, ébola : avec le MIT, le CHU prépare sa défense

Le professeur Reynes pose la première pierre du MIT

La première pierre du MIT -pour département des Maladies Infectieuses et Tropicales- du CHU de Montpellier, a été posée ce mardi. Le nouveau bâtiment construit sur la Colombière sera livré début 2019. Actuellement à cheval sur deux hôpitaux, ce service sera regroupé pour mieux relever le défi : lutter contre les nouvelles pathologies infectieuses (Zika, SRAS, chikungunya ou ébola) qui sévissent désormais en France, et notamment dans le sud.

Ce mardi, Thomas le Ludec, le directeur général de l’hôpital montpelliérain et le professeur Jacques Reynes, responsable du Département maladies infectieuses et tropicales du CHU, ont donc lancé les travaux qui aboutiront, début 2019, à la livraison de ce nouveau service de pointe. Concrètement, le MIT sera construit sur le site de la Colombière, à proximité du CHU. « 10 M€ sont investis dans cette opération qui permet de regrouper le service sur un seul site », explique Thomas le Ludec : « Réunir toute l’équipe sur un site dédié permet de créer une vraie cohérence : unité de lieu, unité de temps et unité d’action… Et je rappelle que 2018 marque pour le CHU le début d’un cycle de grands travaux ».

Zika, SRAS, chikungunya et ebola

Le MIT, outre les maladies infectieuses, continuera d’assurer ses grandes missions : infections ostéo-articulaires complexes, infections liées aux soins ou à un état d’immunodépression, médecine des Voyages et vaccinations internationales, centre antirabique, mais aussi immunodépressions (VIH) et MST. « En plus des nouvelles pathologies infectieuses, la multiplication des états d’immunodépression a généré une amplification des infections graves et/ou opportunistes nécessitant une prise en charge spécialisée », précise le professeur. Mais, l’hôpital se prépare aussi à relever un gros défi : protéger les populations des maladies infectieuses tropicales.

« Nous assistons actuellement sur l’arc méditerranéen à l’émergence de nouvelles pathologies infectieuses virales, comme le ZIKA, et à de nouvelles infections respiratoires, comme on l’a connu avec le SRAS, mais aussi des coronavirus venus des pays du Golfe », confirme le professeur Jacques Reynes qui n’exclut pas des contaminations par la tristement célèbre virus ebola : « Il faut des équipements de pointe pour traiter ces pathologies ». D’où la montée en gamme du MIT…

Réchauffement climatique et maladies

Avec le MIT, le CHU pourra anticiper les effets du réchauffement climatique : « Ce phénomène créé, par exemple, les conditions favorables pour les moustiques et le développement du chikungunya », rappelle le professeur montpelliérain qui précise que ces pathologies infectieuses virales, de plus en plus nombreuses sus nos latitudes, savent aussi voyager toutes seules: « D’autres facteurs de contamination sont parfaitement identifiés : les personnes infectées à l’étranger ou celles qui sont contaminées dans les avions », précise Jacques Reynes : « La nouvelle structure permettra à la fois l’optimisation des soins et la recherche clinique ».

Chambres à pression négative

Le MIT, qui sera aussi un centre de recherche, devra aussi lutter contre un autre phénomène inquiétant : les bactéries deviennent de plus en plus résistantes « C’est le cas par exemple du bacille de la tuberculose qui a développé une vraie antibio-résistance », annonce le professeur : « Tout cela impose de disposer d’unités modernes comportant des secteurs d’isolement pour les patients porteurs d’agents transmissibles hautement pathogènes ou résistants ».

À ce titre, le futur MIT, d’une surface de 1 930 m² sur 3 étages, sera un équipement de pointe : « Le site a été dessiné et modelé en fonction des besoins précis du service », précise le professeur :
– RDC : accueil dédié et consultations calibré pour 18’500 consultations par an
– 1er étage : hospitalisation complètes avec 20 chambres individuelles dont 1 secteur d’isolement : « Le MIT proposera des chambres renforcées », décrit Thomas le Ludec : « Ce sont de chambres à pression négative pour les patients hautement infectieux ».
– 2ème étage : département de recherche clinique et bureau du CoreVIH Occitanie (coordination régionale de lutte contre le VIH).

>> 2017 : le MIT en chiffres
10’800 Consultations
6 292 journées en hospitalisation complète (20 lits)
Taux d’occupation de 94 % (9,4 jours pour la durée moyenne de séjour)
20 médecins et 46 personnels non médicaux.
Plus de 50 appels quotidiens.

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