Le PDG de Midi Libre, Bernard Maffre -du groupe de la Dépêche du Midi- a officiellement annoncé ce jeudi en fin de matinée dans une note d’information interne que Philippe Palat, directeur de la rédaction du quotidien régional quittait prochainement ses fonctions de directeur de la rédaction.
Dans cette note d’information, Bernard Maffre précise que, « Philippe Palat va rester au sein du groupe de la Dépêche du Midi, où il se verra confier d’autres responsabilités relatives aux nécessaires développements éditoriaux du groupe ». Philippe Palat aurait souhaité être déchargé de ce poste de directeur de la rédaction de Midi Libre.
Olivier Biscaye, l’actuel directeur des rédactions du groupe Nice-Matin prendra les fonctions de directeur de la rédaction adjoint, le 5 mars prochain, jusqu’à la réorganisation de la rédaction, à une date qui n’est pas précisée dans la note d’information. À compter du 5 mars, Olivier Biscaye sera sous l’autorité de Philippe Palat, jusqu’à son départ, à une date qui n’est pas encore précisée. L’équipe de la direction rédactionnelle au siège du Mas de Grille, à Saint-Jean-de-Védas reste, pour l’heure en poste jusqu’à nouvel ordre.
Selon nos informations, Olivier Biscaye n’assurerait qu’une transition, puisqu’un recrutement extérieur aurait été lancé par le groupe de la Dépêche du Midi pour embaucher un directeur de la rédaction…
Olivier Biscaye est né en janvier 1977 à Carcassonne. Il a été embauché comme directeur de la rédaction adjoint au siège du Mas de Grille, à Saint-Jean-de-Védas.
Scolarité à Castelnaudary, Olivier Biscaye est diplômé de l’institut Universitaire de Technologie de Journalisme de Bordeaux et titulaire d’un DEUG d’histoire.
Parcours professionnel
Olivier Biscaye débute dans la profession de journaliste en septembre 1998 au Canada dans une école internationale. Il profite en effet de ce voyage pour travailler dans une station de télévision à Vancouver (VTV) et pour perfectionner son anglais. Durant cette même année, il fera plusieurs reportages dans les quartiers difficiles, et montera des reportages pour une radio locale.
De retour sur le vieux continent, il enchaine les petits contrats avec différentes maisons de presse comme Le Progrès (Lyon) ou Le Courrier de Varsovie (Pologne). C’est d’ailleurs en Pologne qu’il effectue son service militaire en tant que coopérant.
Un an plus tard, en 1999, il pose véritablement ses valises pour la première fois au service politique du Journal de l’Ile de la Réunion. En 2003, il est nommé rédacteur en chef du Journal d’Elbeuf (hebdomadaire local français diffusé le jeudi dans les départements de l’Eure et de la Seine-Maritime), journal qui sera cédé en 2007 au groupe Publihebdos.
Il occupe ensuite successivement les postes de directeur de l’information et directeur des rédactions du groupe Les Hebdos Normands. Du Journal de l’Île de la Réunion à Nice-Matin, qu’il rejoint en 2008, en passant par le Journal d’Elbeuf et Les Hebdos Normands, tous ces journaux appartiennent (à l’exception du Journal d’Elbeuf aujourd’hui) au même groupe de presse française : Hersant Média. Le groupe Nice-Matin étant sa dernière « prise » en aout 2007. C’est à l’occasion de cette prise en main du groupe Nice-Matin par Hersant Média qu’Olivier Biscaye est nommé directeur des rédactions dès le 1er juin. Il est alors chargé de conduire le volet éditorial du journal et de mettre en place une équipe web de neuf personnes qui lui sera directement rattachée. Il s’intéresse tout particulièrement à l’actualité politique, économique, régionale et nationale.
« Académie Hersant »
Olivier Biscaye, il ne s’en cache pas, est un pur produit de « l’Académie Hersant ». En 2009, il est promu directeur des rédactions du groupe Nice-Matin (comprenant les quotidiens Var-Matin, Corse-Matin, Nice-Matin), poste qu’il occupe encore actuellement. Âgé alors de seulement 32 ans, il se retrouve à la tête des rédactions du plus grand quotidien des Alpes-Maritimes et anime également des débats sur une radio locale (Radio Émotion).
De 2008 à 2013 le groupe Nice-Matin connait une perte de vitesse dans la diffusion de ces quotidiens, passant de 114 598 exemplaires diffusés à 98 304. Le quotidien ne trouvant pas de repreneur est en chute libre. Alors que les salariés multiplient les critiques de leur hiérarchie, Olivier Biscaye ne sort pas indemne de la tourmente. Il est l’objet, en mars 2010, d’une motion de défiance des journalistes de son quotidien. Certains politiques locaux en viennent même à critiquer ouvertement les liens trop étroits du quotidien avec la municipalité. Celle-ci donne des subventions au journal, celui-là publie régulièrement des articles valorisants pour le maire UMP de Nice, Christian Estrosi, tout juste réélu pour un second mandat. À plusieurs reprises le jeune directeur des rédactions se fait rappeler à l’ordre par certains journalistes et par des hommes politiques de gauches.
La Côte d’Azur a cette particularité de n’avoir qu’un seul grand quotidien en dehors des journaux dits « gratuits » (Métro, Direct-Matin, 20 minutes), Nice-Matin est ainsi le quotidien le plus lu, faisant la pluie et le beau temps médiatique sur la région.
Ce qu’il gagne
À l’occasion d’une entrevue vidéo accordée à l’École de Journalisme de Nice (EDJ), Olivier Biscaye déclare toucher « un peu plus de 6000 € » par mois, en tant que directeur des rédactions du groupe Nice Matin.
Il a dit
« Il faut toujours aller au bout de ses rêves. Là-bas, on apprend que pour réussir, il faut se battre. Et, bizarrement, la vie n’est pas stressante. On prend le temps, à Vancouver, d’apprécier les choses. Les gens sont disponibles. Enfin, j’aime le contact avec des gens différents, avec d’autres façons de vivre », La Dépêche, 1999.
« Je serais prêt à reconsidérer mon salaire si Nice-Matin se trouvait en difficulté », Marianne, 2013.
« Tout dire mais expliquer les enjeux. Peser, équilibrer, c’est la ligne que les médias doivent tenir », 2013.
« Si on roulait pour la “Sarkozie”, comme certains le prétendent, croyez-vous que nous aurions mis en Une de nos éditions les résultats du dernier sondage qui donne Michel Vauzelle largement gagnant ?», 2010.
« Sincèrement, non. Nice-Matin ne pourrait pas travailler, ni exister. Mais petit à petit, on essaie de réduire cet apport car c’est vrai qu’il y en a trop», interview donnée à l’Association du Journalisme de Cannes (à propos des gains apportés par la publicité des collectivités territoriales), novembre 2012.
« Je ne tolérerai aucune critique. C’est mon projet, je le porterai jusqu’au bout. S’il échoue, j’en assumerai les conséquences, mais en attendant, je ne veux rien entendre », à propos de la mise en place d’une nouvelle formule du journal, 2009.
« Je suis un bébé Hersant, c’est l’expression que j’utilise moi-même. J’ai fait toutes mes armes chez Hersant », Télérama, juin 2014.
« Jusqu’en 2008, les politiques étaient ici chez eux. Je suis arrivé et je leur ai dit : Désolé, ça va changer, il va y avoir un patron dans la maison ! », Télérama, juin 2014.
« C’est une chance pour nous d’avoir des hyper actifs comme Estrosi, Ciotti, Luca ! Ils cumulent les postes et les responsabilités. Ils fournissent beaucoup. Tous les jours ! Il y a du grain à moudre », Télérama, juin 2014.
Ils ont dit de lui
« Monsieur Biscaye est un jeune directeur des rédactions, arrivé il y a peu. Il a une approche difficile sur le dialogue social », Le Post, 2010.
« On fait beaucoup sur l’UMP. À Toulon, il y a Falco, Secrétaire d’État à la Défense et aux Anciens Combattants et à Nice, Estrosi, ministre chargé de l’Industrie. Deux personnalités pesantes. La rédaction trouve que la hiérarchie a une épine dorsale souple. La pub institutionnelle représente 20% de la pub du journal. C’est énorme », Le Post, 2010 (à propos de la ligne éditorialiste du journal).
« Faire pression pour que les titres du groupe Nice Matin respectent certaines règles de déontologie », Patrick Mennucci directeur de campagne du président de la région PACA Michel Vauzelle (Parti Socialiste) lors de la dernière campagne des régionales, 2010.
« Méthodes de management iniques et brutales (…) double discours de la direction des rédactions à ses journalistes (…) choix de la ligne éditoriale (politique de l’OJD et orientation politicienne), en contradiction avec le traitement objectif de l’information (…) Unes racoleuses (…) asservissement aux politiques et autres “budgets publicitaires” au mépris des règles élémentaires de déontologie », tiré de la motion de défiance des journalistes de Nice-Matin adressé au directeur des rédactions, 5 mars 2010.
« Quand il est arrivé, mieux valait être d’accord avec lui. Sinon, tu pouvais dégager… Bon, politiquement, il est de droite. Mais il n’y a pas de problème, tout le monde est au courant », un journaliste de Nice-Matin pour Télérama, juin 2014.
« Ce journal n’est pas le joujou de son directeur de la rédaction »,assemblée générale des journalistes de Nice-Matin, 5 mars 2010.
« Il y a surtout une autocensure, des petites lâchetés des journalistes qui s’autocensurent pour ne pas déplaire à leurs interlocuteurs. Il y a beaucoup de journalistes trop complaisants. Ceux qui ont pleuré qu’ils étaient censurés, ils se retrouvent aujourd’hui au service communication des mairies, donc vous savez…», Le Post, 2010.
« Biscaye est partout. Sur un plateau télé ou sur une estrade, il est impeccable », un journaliste de Nice-Matinpour Télérama, juin 2014.
