Sans parler de renaissance, c’est une nouvelle ère qui s’ouvre pour le MHB. Après avoir stabilisé les finances suite aux turbulences des dernières années, assuré l’assise sportive et renoué avec les ambitions, le triumvirat Lévy-Granger-Canayer a présenté les grandes orientations et défis qui permettront de rester parmi les meilleurs clubs d’Europe.
Après plus d’un mois et demi de pause, le MHB retrouvait les parquets il y a une dizaine de jours. Sur le plan sportif, la saison est particulièrement prenante avec un titre de champion de France à aller décrocher, toujours en course pour la coupe de France et surtout un barrage de Ligue des Champions en vue. Sans oublier les internationaux français (Afgour, Gérard, Guigou et Porte) et tunisiens (Soussi et Toumi) titrés avec leur sélection. En coulisse, le MHB est également à l’œuvre. « On a bien travaillé pour que Montpellier soit une force de propositions et un laboratoire d’idées tant au niveau européen qu’au niveau national » résume Rémy Lévy qui a été réélu vice-président de la LNH aux côtés du nouveau président Olivier Girault.
Les enjeux de la nouvelle formule de la Ligue des Champions
Le MHB fait également partie des huit clubs associés à la réflexion sur la réforme de la Ligue des Champions. « On avance à grand pas sur la nouvelle formule avec une gestion paritaire entre le Forum Club Handball et l’EHF et la création d’une société où les clubs seront propriétaires des droits » explique Rémy Lévy. « C’est une avancée énorme au point de vue économique avec la possibilité de peser dans les choix qui vont être faits. Il y a des discussions avec des agences qui vont amener une dotation financière sans commune mesure avec celle d’aujourd’hui et permettre de présenter un très beau produit Ligue des Champions ». La nouvelle formule (sans doute deux poules de huit et un final four) sera connue fin avril pour débuter lors de la saison 2020.

Au-delà de la formule de la compétition, l’enjeu financier est important pour le MHB comme pour tous les autres clubs détaille Patrice Canayer : « Aujourd’hui on a obtenu d’avoir une gestion partagée et on se bat pour avoir une rétrocession d’un certain nombre de droits. C’est à partir de ça que l’on fera des recettes ». Les droits collectifs passeraient de 3 à 8 M€ et la rétrocession des espaces publicitaires dans les salles est en discussion. Une manne conséquente pourrait ainsi venir enrichir les clubs contrairement à aujourd’hui où seuls trois sponsors se partagent les espaces lors des matchs de Ligue des Champions avec pour contreparties, un peu d’argent tout de même (Velux), des équipements (Salming) et des ballons (Select).
La valorisation de la marque MHB
Si bien sûr les résultats de l’équipe pro sont la meilleure vitrine pour le club, le MHB développe depuis un an et demi d’autres projets. En premier lieu, l’Academy, dont le fonctionnement s’inspire des grandes écoles française, regroupe le centre de formation et les équipes des moins de 15 ans Occitanie jusqu’aux moins de 18 ans nationaux. « C’est l’élite de ce que l’on fait avec des structures de formation qui ont déjà données des gages de réussite dont on intensifie le travail mais également la dimension internationale » résume Patrice Canayer. Dans ce sens ont été signés deux Italiens, un Géorgien… et des accords seront passés avec certaines fédérations. Des contacts ont ainsi été noués avec Cuba, les États-Unis, Québec… « L’idée est d’amener à certaines fédérations et certains jeunes des possibilités de formation qu’ils n’ont pas chez eux. Il y a une vraie demande d’expertise » explique le manager général montpelliérain. Des entraîneurs du club iront ainsi apporter leurs compétences directement dans ces pays comme cela sera sans doute le cas à Cuba cet été.

Autre projet, dont la commercialisation a débuté il y a quelques jours, avec le développement des stages MHB. Après le partenariat passé l’année dernière avec Les Carroz, la station de ski de Haute-Savoie « devient la base d’entraînement pour toutes nos équipes de haut niveau » s’enthousiasme Patrice Canayer. Des stages ouverts à l’extérieur voient également le jour. Le premier débutera lors des vacances de Pâques et permettra la pratique des sports d’hiver et celle du handball. Un autre stage s’adressera à « des joueurs de plus haut niveau qui sera organisé par l’Academy mais ouvert à des gens de toute l’Europe pour venir se perfectionner. Il sera orienté sur la qualité des développements physiques et techniques en altitude » a précisé le manager montpelliérain.
L’importance de l’enceinte
Le développement du MHB ne pourra se faire sereinement tant que ne sera pas réglée la question primordiale de l’enceinte. Rémy Lévy est bien placé pour le savoir : « C’est un sujet important pour l’avenir européen du club. Dans le cahier des charges de la nouvelle Ligue des Champions, qui sera une compétition premium, la qualité de la salle sera un critère déterminant ». Jauge avoisinant les 5 000 places, accueil du public, espace de travail pour les journalistes, superficie des espaces VIP… autant d’éléments désormais obsolètes à Bougnol.

L’enjeu est grand pour Patrice Canayer qui replace cette problématique dans le contexte : « L’objectif pour le club n’est pas de dire on va gagner la Ligue des Champions. Aujourd’hui, il faut que l’on construise le club pour être pérenne en Ligue des Champions. On a déjà fait l’équipe. Maintenant, et c’est un élément nouveau qui doit être résolu, c’est le problème de la salle car demain on ne pourra pas jouer la Ligue des Champions à Bougnol. Il faut trouver les solutions ». D’autant que comme l’explique l’entraîneur montpelliérain : « À part les champions d’Allemagne, d’Espagne, de France et de Hongrie toutes les équipes passent par des wild-cards. Cela signifie que l’on ne pourra plus positionner Bougnol comme salle référente du club. L’enceinte ne passera plus dans le cahier des charges. On a déjà eu des remarques de l’EHF, qui nous disait que la salle était à l’heure actuelle à peine aux normes internationales et que l’année prochaine elle ne le sera plus ».
La question de l’Arena
Si le MHB fait salle comble à chaque fois que l’équipe va jouer à l’Arena, cela reste compliqué d’un point de vue organisationnelle à l’échelle d’une saison entière. La salle accueillant des événements de différentes natures, il semble difficile, sans avoir la main dessus ou avec un accord idoine, de la bloquer à l’avance pour les échéances de la Ligue des Champions. « On a prouvé notre capacité à mobiliser le public. Face au PSG, on a montré que l’on pouvait faire un très beau spectacle. Il y a des discussions qui vont arriver. Ce qui est sûr c’est que l’Arena est un outil capital pour l’avenir européen du MHB » précise Rémy Lévy.
Un nouveau palais des sports ?
Reste que le MHB ne pourra pas faire éternellement le grand écart entre Bougnol et l’Arena. Patrice Canayer détaille : « Aujourd’hui, par rapport au développement économique du club, on aurait besoin d’un lieu où on puisse faire, en conservant une politique tarifaire raisonnable, plus de volume. Et on sait que l’on n’en est capable ».
Si Philippe Saurel avait annoncé son intention de construire un grand palais des sports accolé au futur stade, les services de la Métropole sont depuis plus silencieux sur le sujet étudiant en priorité le plan de financement et la faisabilité du remplaçant de la Mosson. D’autant qu’il était prévu, afin de réduire les coûts, de vendre le terrain où se trouve Bougnol à des promoteurs pour y construire des logements. Chose impossible en raison de la proximité avec le zoo. L’annonce d’un nouveau palais des sports ayant devancé la réflexion, le président de la Métropole a ainsi indiqué récemment (voir Midi Libre du samedi 27 janvier) qu’un investissement de 2 M€ sera consacré à Bougnol. Quant à une nouvelle enceinte pour accueillir le club sportif le plus titré de Montpellier, la question est en suspens…