L’agresseur présumé des violences volontaires commises sur un policier de la brigade anticriminalité -BAC- de la Sécurité publique, âgé de 53 ans, lors du défilé du Karnaval des gueux dans les rues de Montpellier pour Mardi gras a été hospitalisé au CHU. Il était toujours en observation ce samedi soir.
Un médecin requis pendant la garde à vue de ce jeune montpelliérain, interpellé dans la foulée de violences volontaires, a estimé que sa rétention était incompatible avec son état de santé. La nature et la gravité des blessures du suspect n’étaient pas connues ce soir, mais, selon nos informations, son arrestation a été mouvementée.
Le visage lacéré
Ce Montpelliérain a été formellement identifié par les collègues du policier grièvement blessé, alors qu’il faisait partie d’un groupe de la BAC intégré dans les forces de l’ordre, pris à partie par quelque 200 individus encagoulés, alcoolisés et armés, dans les secteurs de Gambetta, de Saint-Denis, de Rondelet et dans la rue d’Alger.
Les policiers avaient fait usage de bombes lacrymogènes pour se dégager. Mais, un des agents de la BAC esseulé, pourtant protégé par son casque a été malmené, jeté à terre et a eu le visage littéralement lacéré du menton au nez avec un tesson d’une bouteille vide, brisée par le manifestant, rapidement neutralisé et conduit en garde à vue au commissariat central. Avant d’être transporté aux urgences du CHU Lapeyronie, puis hospitalisé.
Le policier blessé a déposé plainte contre l’auteur présumé avec constitution de partie civile. Il présente une plaie large et profonde autour de la bouche, qui l’empêche de parler jusqu’à sa guérison. Les syndicats de la police nationale -Alliance et Unité SGP Police FO- ont dénoncé cette agression gratuite sur ce fonctionnaire de la BAC.
Information judiciaire ouverte
Une information judiciaire a été ouverte vendredi par le procureur de la République de Montpellier, Christophe Barret visant nominativement l’auteur présumé de l’agression, notamment pour le délit de violences volontaires avec arme aggravées sur un agent dépositaire de la force publique ayant entraîné une interruption temporaire de travail supérieur à 8 jours. Le jeune montpelliérain sera déféré au parquet, puis devant le juge d’instruction, dès que son état de santé le permettra. Au CHU, sa chambre est placée sous surveillance policière.
Quatre mois ferme pour un incendiaire
Un autre manifestant avait été arrêté par les policiers de la Sécurité publique, lors du Karnaval des gueux de Mardi gras. Âgé de 27 ans, il a été condamné à 12 mois de prison, dont huit mois avec sursis, vendredi, par le tribunal correctionnel de Montpellier. Présent lors des scènes de violences sur le parcours, il a été repéré par les caméras de vidéosurveillance de la Ville. On le voit notamment sur la place Roger Salengro, au faubourg Figuerolles, reconnaissable à sa veste à pois blancs. “On vous voit casser un panneau publicitaire à coups de marteau. Peu après, vous aspergez des amas d’objets de chantier et des palettes avec un liquide avant d’y mettre le feu”, a relaté le président du tribunal.
“Je ne comprends pas pourquoi j’ai fait ça. J’ai peu de souvenirs, je ne me souviens pas avoir eu un marteau. Je me reconnais bien sur la vidéo, mais tout est flou dans ma tête », a raconté le prévenu à la barre du tribunal. “Vous étiez alcoolisé, mais pas au point de ne rien vous rappeler…”, a déploré le juge. La défense a décrit son client comme, « une personne qui n’a pas l’habitude de boire et qui a pu perdre la mémoire à la suite d’un choc contre le sol, consécutif à son interpellation ».
Un des meneurs ?
Pour le procureur de la République, le prévenu n’a fait que mentir, en garde à vue et lors de l’audience. “En voyant les vidéos, nous pourrions même le décrire comme un meneur, on le voit arrêter le cortège à un moment”, a t-il estimé, avant de requérir de la prison ferme.
Le Montpelliérain était jugé avec un casier judiciaire vierge. Après avoir été un temps menuisier via des boîtes d’intérim, il a obtenu un baccalauréat professionnel en catégorie alarme et sécurité incendie. Pour l’anecdote, il a notamment postulé comme agent de sécurité dans des sociétés de vidéosurveillance. Un comble : il a été trahi par les caméras de vidéosurveillance de la Ville de Montpellier en incendiant des objets sur la voie publique, le visage masqué…