La 5G sera bientôt expérimentée dans huit grandes villes de France, dont Montpellier. C’est ce que vient d’annoncer l’Arcep, l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes, dans un communiqué. L’Arcep a déjà inauguré en janvier dernier un guichet « pilotes 5G » qui est accessible à tous.
Une avancée vers un débit plus important, à laquelle seuls Bouygues Telecom et Orange prendront part, dans un premier temps, sur la fréquence mise à leur disposition, entre le 1er mai et le 30 septembre prochains.
En effet, les deux opérateurs se partageront les droits de ce test, lancé dans les prochaines semaines à Bordeaux, Lille, Grenoble, Lyon, Nantes, Saint-Etienne, Douai et donc Montpellier. La capitale régionale d’Occitanie -Pyrénées-Méditerannée-, Toulouse ne figure pas, pour l’heure, sur la liste.
Remplacement de la 4G
Une opportunité pour les usagers de découvrir les performances nouvelles qu’offre la 5G, mais aussi l’occasion pour l’Arcep de voir ce que vaut réellement ce qu’elle nomme déjà la « génération de rupture ». Surtout, il s’agit comme le souligne l’institution, de pouvoir s’approprier en conditions réelles les enjeux de ces futurs réseaux et de valider les équipements nécessaires à leur mise en place.
Si la 5G ne débarque pas pour l’instant dans tout l’Hexagone, ce test constitue un pas de plus vers sa mise en place en remplacement de la 4G.
De nouvelles perspectives
« La cinquième génération de communications mobiles (5G) se présente comme la génération de rupture, celle qui ne s’intéresse plus uniquement au monde des opérateurs de téléphonie mobile et des communications grand public, mais qui ouvre de nouvelles perspectives et permet la cohabitation d’applications et usages extrêmement diversifiés, unifiés au sein d’une même technologie. Les solutions techniques et standards autour des premiers déploiements 5G commencent à se préciser », écrit l’Arcep.
Le 3GPP, organe de normalisation des technologies mobiles (2G, 3G et 4G), a approuvé le 21 décembre dernier le premier standard relatif à la manière dont les terminaux 5G pourront communiquer avec des antennes 5G, et profiter de leurs performances accrues, en s’appuyant sur les réseaux 4G existants.
Par ailleurs, l’élaboration d’une stratégie nationale pour la 5G fait actuellement l’objet d’une consultation publique lancée par le gouvernement. Dans ce contexte, l’Arcep lance un guichet pour la réalisation de pilotes 5G.
Deux bandes de fréquences en Europe
En France, ces bandes ne sont pas encore attribuées par l’Arcep aux réseaux mobiles.
- La bande 3400 – 3800 MHz, qui a fait l’objet d’une consultation publique de l’Autorité en mars dernier, est communément admise comme bande » cœur » de la 5G : elle offre des canalisations importantes, permettant des débits très élevés, dispose d’une certaine maturité technologique et sera disponible à court terme dans une grande majorité des pays Européens ;
- La bande 26 GHz, qui appartient à la nouvelle génération de bandes » millimétriques » et permettra des débits jusque-là inédits : son niveau de maturité technologique est encore faible, mais elle reste d’un grand intérêt pour l’écosystème 5G dans la mesure où elle permettra l’arrivée de technologies de rupture.
- En vue de permettre à l’ensemble des acteurs de la chaine de valeur 5G de s’approprier les cas d’usages et les enjeux de cette nouvelle génération, l’Arcep ouvre aujourd’hui, en vue de contribuer à la mise en place d’une stratégie nationale pour la 5G, son guichet » pilotes 5G » : [email protected] Les objectifs de ce guichet sont multiples :
- La 5G est souvent annoncée comme la génération qui saura satisfaire les besoins de connectivité d’une grande variété d’usages, de l’internet grand public, aux communications critiques de l’internet industriel en passant par les communications ambiantes de l’internet des objets généralisé.
La mise en place de pilotes 5G doit permettre d’appréhender les modalités de cohabitation entre acteurs et de tester les modèles d’affaire : l’ensemble de la chaîne de valeur 5G doit ainsi pouvoir s’approprier en conditions réelles l’ensemble des enjeux de ces futurs réseaux, au-delà du simple cadre de validation technique des équipements de réseau.
Les opérateurs, mais aussi tous les » verticaux » -acteurs industriels, d’infrastructures à connecter, etc.- devront pouvoir être parties prenantes de ces pilotes. Aussi, le guichet » pilotes 5G » de l’Arcep est-il ouvert à tout acteur intéressé par la 5G et souhaitant réaliser de premiers déploiements.
- Attribuer des fréquences aux acteurs intéressés, pour mener de premiers pilotes 5G
Dès à présent, l’Arcep peut délivrer des autorisations d’utilisation de fréquences, à titre transitoire, pour développer des pilotes 5G, notamment dans les deux bandes précitées, dans la limite de leur disponibilité. Dans la bande 3400 3800 MHz, des fréquences sont déjà disponibles dans les agglomérations de Lyon, Bordeaux, Nantes, Lille, Le Havre, Saint-Étienne, Douai, Montpellier et Grenoble.
Cette liste n’est pas exhaustive et peut évoluer : les acteurs intéressés sont invités à contacter l’Autorité s’ils envisagent de déployer des réseaux dans d’autres gammes de fréquences ou d’autres zones géographiques.
- Obtenir de premiers retours d’expérience
Ces pilotes 5G permettront au régulateur d’obtenir de premiers retours sur l’utilisation des réseaux de prochaine génération. Ces retours d’expérience alimenteront les travaux de l’Arcep dans la préparation de la procédure d’attribution des futures autorisations 5G.
Différentes innovations
La 5G sera probablement constituée de différentes innovations (antennes actives, usage de fréquences très hautes, multiplication des petites cellules…) qui pourraient modifier significativement la manière de déployer un réseau mobile. L’Arcep souhaite anticiper les effets de ces innovations en concertation avec le secteur. En parallèle de l’ouverture du guichet » pilotes 5G « , l’Arcep lance donc des travaux sur les conditions de déploiement de la 5G.
Cette année, l’Arcep organisera notamment, un atelier sur le sujet.