COURSE. Dimanche, un patient qui est dialysé au sein d’Aider Santé à Montpellier sera sur la ligne de départ du célèbre marathon de Montréal. Explications.
Aider Santé s’engage au côté de l’un de ses patients dialysés, Jacques Ales en le soutenant pour sa participation au marathon de Montréal, pour lequel un infirmier de la structure l’accompagnera. L’occasion pour l’établissement de rappeler que non seulement l’activité physique est compatible avec une maladie chronique, mais, qu’elle est recommandée et constitue une part importante du bien-être des patients.
Le parcours de ce patient démontre, non pas que courir un marathon est accessible et recommandé pour tous, mais que l’activité physique adaptée aux capacités de chacun est une vraie thérapeutique non médicamenteuse, favorable à l’état physique et psychologique, au maintien de l’autonomie et au « bien vieillir ».
Ateliers et animations
Aider Santé s’investit dans la promotion de l’activité physique régulière auprès de ses patients Depuis 2012, cet établissement a donné à cette thématique une place importante, en faisant notamment du développement des prescriptions thérapeutiques non médicamenteuses, une de ses orientations stratégiques. Traitée dans le cadre du CLAN -Comité de liaison en alimentation nutrition-, présidé par le docteur Laure Patrier, « l’Activité Physique Adaptée », fait l’objet de nombreuses actions au sein de l’établissement : – un atelier d’Education Thérapeutique qui a pour objectif de lever les freins des patients quant à l’activité physique et de les accompagner dans cette démarche. – le mois de promotion et de sensibilisation à l’activité physique, tous les ans en septembre.
Un mois au cours duquel des animations sont mises en place dans chaque unité, afin de démontrer aux patients leur capacité et de les accompagner vers la découverte d’activités qui pourraient leur convenir. – des activités, comme un pédalier adapté ou des vidéos, qui peuvent être mises à disposition des patients durant les séances de dialyse. – le projet, « Lutte contre la sédentarité chez les patients hémodialysés chroniques : mise en place d’un programme d’activité physique adaptée per dialytique ».
Projet distingué
Ce projet s’est distingué, parmi 30 candidats composés de CLANS de centres hospitaliers et cliniques en France, lors du concours Acticlan dédié aux projets portés par des CLANS dans le domaine de la nutrition clinique.
Aujourd’hui, le soutien que l’établissement apporte à Jacques Ales dans ses défis sportifs s’inscrit également dans le cadre de l’engagement de l’établissement pour la promotion de l’Activité Physique Adaptée.
Quand l’activité physique est un moteur face à la maladie Jacques Ales fait de l’activité physique un « leitmotiv » face à la maladie. Atteint de plusieurs cancers depuis 2001 et dialysé depuis 9 ans à l’unité de dialyse Aider Santé de Montpellier, ce sportif amateur, a couru plusieurs marathons et trails, parcouru les « 100km de Millau », réalisé un relai Fabrègues-Lourdes : « Si je n’avais pas eu la course à pieds qui me motive, je ne m’en serai pas sorti. Aujourd’hui, c’est un équilibre de vie. Si je ne cours pas, les analyses s’en ressentent. Le sport m’apporte du bien-être, je suis arrivé à occulter tous les inconvénients de la maladie. ».
Un nouveau défi
À 65 ans, Jacques Ales s’est fixé un nouveau défi, celui de parcourir le marathon de Montréal, le 24 septembre prochain. Une épreuve hors norme, pour laquelle Aider Santé lui apporte son soutien logistique. À travers cet engagement sportif, ce patient veut « […] faire bouger les mentalités : « Si je peux le faire à mon âge, c’est que tout le monde peut pratiquer une activité physique. Sans aller jusqu’à faire des marathons, il faut essayer de marcher, de se bouger. Pour les patients en dialyse, c’est important. C’est important pour tout : en fait, je pense que le sport régule tout ».
Son médecin, le Docteur Estelle Ricard-Sutra, apporte cependant une précision « [Le sport] a entretenu incontestablement son capital cardio-vasculaire et général. La pratique d’une activité physique ne peut être que bénéfique pour tout le monde. C’est le meilleur des « médicaments ». Il faut cependant prendre en compte les pathologies sous-jacentes et adapter l’activité physique à chacun tout en essayant d’en repousser un peu les limites. ».
Un facteur de bonne santé
L’activité physique, partie intégrante des soins « Amélioration de la fonction cardio-vasculaire », équilibre nutritionnel et contrôle du poids, bonne santé psychologique et morale, limitation des variations physiologiques liés au vieillissement. Il est établi que l’activité physique est un facteur de bonne santé et qu’elle contribue à prévenir et à diminuer les risques d’apparition de maladies chroniques.
C’est pourquoi, depuis janvier 2016, l’activité physique peut faire l’objet d’une prescription médicale, dans le cadre du parcours de soin d’un patient atteint d’une affection longue durée -ALD- (article 144 de la loi n°2016-41 du 26 janvier 2016 de modernisation de notre système de santé). Depuis 2012, la sensibilisation des patients dans la pratique d’une activité physique adaptée fait partie intégrante du parcours de soins en dialyse.