50’000 € et neuf voitures saisis : le « gang des pickpockets » ramené à Montpellier

Les dix-sept membres de trois familles bosniaques, tous déjà connus de la justice pour avoir été condamnés dans le passé, interpellés lundi à l’aube à Perpignan, dans les Pyrénées-Orientales, dans le cadre de l’affaire dite du « gang des pickpockets », ont été transférés sous bonne escorte à l’hôtel de police de Montpellier, où se déroulent les gardes à vue, sous l’autorité d’un juge d’instruction montpelliérain. Elles peuvent durer jusqu’à 96 heures.

Les enquêteurs de la sûreté départementale de l’Hérault, épaulés par leurs collègues du SRPJ de Montpellier, dont la brigade de recherches et d’intervention -BRI-, des policiers d’élite de l’antenne de Montpellier du RAID, de policiers de la Sécurité publique de Seine-et-Marne, des gendarmes de l’Office central de lutte contre la délinquance itinérante -OCLDI- ont démantelé hier un vaste réseau de pickpockets mineurs et mineures « recrutés », puis « entraînés » pour dépouiller, le plus souvent « en douceur » des usagers des transports en commun, notamment les voyageurs du tramway, à Montpellier, à Perpignan, à Lille, à Bordeaux, mais aussi des touristes de passage dans le parc Disneyland à Marne-la-Vallée, ainsi que dans le RER A.

Parmi les suspects en garde à vue figurent dont trois hommes âgés d’une cinquantaine d’années, présentés comme les principaux commanditaires de ces vols à la tire, un millier rien que sur Montpellier en 2016. Deux mineurs comptent aussi parmi les suspects arrêtés. Les trois patriarches sont à la tête de clans familiaux « élargis », selon une source proche de l’enquête.

Les mineurs discrètement filés

L’accumulation en 2016, puis l’année dernière de plaintes quotidiennes pour des vols à la tire commis par de jeunes pickpockets agissant souvent en trio -deux adolescentes et un adolescent-, dans le tramway, à Montpellier avait entraîné l’ouverture d’une enquête, très discrète, effectuée par de nombreux policiers en civil de nombreuses unités de la Sécurité publique de Montpellier.

Les mineurs arrêtés après des larcins, surtout commis aux stations proches de la gare SNCF Saint-Roch -rues de Maguelone et rue de la République- qui étaient remis en liberté ont été systématiquement filés, menant notamment les enquêteurs à un camp de Roms situé à la périphérie est de la ville, où ils étaient récupérés par des adultes. Lesquels entouraient ensuite leurs déplacements d’un luxe de précautions, ce qui explique que les investigations pour pister et loger les commanditaires ont été longues et difficiles.

D’ailleurs, selon nos informations, les adultes qui faisaient travailler ces voleuses et voleurs âgés de 12 ans à 17 ans qui étaient aux abois avaient changé leur manière de procéder et les zones de vols à la tire. Ainsi, après avoir opéré aux stations et dans les rames du tramway, à Montpellier, les jeunes pickpockets sévissaient à des arrêts de bus.

Les policiers ont réalisé de très nombreuses planches photographiques et de vidéos pour muscler la procédure judiciaire. Ils ont également saisi les bandes de caméras de vidéosurveillance de la Ville de Montpellier et de la gare SNCF Saint-Roch, où les jeunes voleuses sont en action. Les enquêteurs ont multiplié les interceptions téléphoniques entre les têtes de ce réseau particulièrement actif.

Huit domiciles investis

« Un lien a été réalisé entre toutes ces plaintes au regard du mode opératoire identique décrit par les plaignants, confirme ce mardi à Métropolitain, une source proche de l’enquête, les voleuses repéraient leurs victimes en train d’acheter leurs billets aux distributeurs. Une d’entre elles observait le code de la carte bancaire, tandis que les deux autres s’emparaient, quelques minutes plus tard, du portefeuille de la victime. Quelquefois, deux voleuses remettaient la carte bleue à un complice, mineur également. Ils effectuaient ensuite des retraits d’argent avec les cartes bancaires volées. Ils ont ainsi pu s’emparer de grosses sommes, jusqu’à 900 euros à plusieurs reprises ». Selon nos informations, ces mineurs avaient été formés pour garder le silence, en cas d’interpellation.

Au cours du vaste coup de filet déclenché lundi matin, policiers et gendarmes ont investi huit domiciles et saisi près de 50’000 euros en argent liquide, ainsi que neuf véhicules, dont une Porsche Panamera, un 4×4 BMW X6 et une Audi RS4. Toujours selon nos informations, figurent parmi les gardés à vue les chefs de clans de trois familles déjà très connus pour ce genre de délit en France, mais aussi en Allemagne, en Italie et en Belgique. Ils étaient les cerveaux d’un véritable système mafieux, basé sur l’exploitation de mineurs.

Les gardes à vue visent notamment des faits présumés de vol, traite des êtres humains, association de malfaiteurs, provocation de mineurs à commettre des crimes et des délits et blanchiment. Elles se poursuivaient ce mardi matin au commissariat central de Montpellier. Elles peuvent donc durer jusqu’à vendredi matin.

Partager ce post

À lire également