Un des vingt DAB détruits par les casseurs. Photo JMA

Un Montpelliérain âgé de 27 ans a été condamné à six mois de prison ferme avec mandat de dépôt, comme l’a requis le procureur de la République ce lundi soir, devant le tribunal correctionnel de Montpellier, lors de l’audience de comparution immédiate, après les violences à l’issue de l’acte XIII des Gilets Jaunes, dans les rues de l’Écusson et des faubourgs.

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Trois autres prévenus ont été condamnés à de la prison avec sursis et ont quitté libres, le palais de justice Pierre-Flotte. Deux autres Gilets Jaunes, qui ont demandé et obtenu le renvoi de leur procès pour préparer leur défense ont également été libérés sous contrôle judiciaire. Ils ont l’interdiction de paraître le samedi dans le centre-ville…

Présenté comme le meneur

Johan, le Montpelliérain de 27 ans écroué ce soir à la maison d’arrêt de Villeneuve-lès-Maguelone, a été présenté comme le meneur des quelque 400 à 500 casseurs qui ont mis à sac des biens privés et publics dès 17h, samedi, sur la place de la Comédie, aux Arceaux, au Corum, à Plan Cabanes : des banques ont été vandalisées, des distributeurs automatiques de billets détruits à coups de pierres, les vitrines de l’office du tourisme de la métropole de Montpellier brisées etc.

Johan a été repéré à la tête des casseurs, a été suivi, photographié et filmé par des policiers en civil, qui, outre le fait qu’il était le leader, selon eux, l’ont vu jeter des projectiles. À l’audience, il a farouchement nié toutes ces accusations. Le tribunal n’a pas été convaincu et a suivi les réquisitions du ministère public.

Mécanicien à la TaM, employé de la ville de Saint-Clément-de-Rivière

Parmi les autres participants à l’acte XIII qui étaient dans le box des prévenus cet après-midi, figuraient un mécanicien tramway en CDD à la TaM 3M, âgé de 22 ans, au casier judiciaire et un employé de la commune de Saint-Clément-de-Rivière âgé de 20 ans, affecté aux espaces verts.

Un auto-entrepreneur de 39 ans a écopé de six mois de prison avec sursis pour avoir été identifié en train de ramasser une pierre, puis la jeter en direction des forces de l’ordre, au pied de la tour de la Babotte, près des halles Laissac, au milieu d’un groupe de casseurs. « J’ai été pris dans l’effet de groupe des casseurs qui lançaient des projectiles sur les policiers et les gendarmes mobiles, j’ai vu ce caillou au sol, je l’a ramassé et je l’ai lancé en visant la baie vitrée d’une agence bancaire », a t-il reconnu, regrettant son geste et assurant être prêt à rembourser.

« Contre le symbole du capitalisme »

La présidente du tribunal a indiqué à Johan que, « la banque n’avait pas déposé plainte, son assurance va rembourser », lui demandant de confirmer la version qu’il a donnée le week-end dernier en garde à vue au commissariat central : « Vous avez dit, je lis la procédure sous votre contrôle, qu’en cassant une vitre de l’agence bancaire à l’enseigne du CIC, vous vous étiez attaqué au symbole du capitalisme ».

Le prévenu a répondu : « Oui, madame la juge, c’est exact, mais, je regrette, vraiment »…

Neuf policiers légèrement blessés

Samedi en fin d’après-midi, 400 à 500 casseurs ont mis à sac l’Écusson et les faubourgs, lors de raids de violences urbaines plus graves que les samedis précédents, détruisant notamment une vingtaine de DAB. Sept casseurs ont été interpellés, un adolescent de 12 ans a été pris en flagrant délit en train d’envoyer des pierres et des grosses billes avec une fronde en visant le drone de la police et les vitres de la préfecture de l’Hérault. Neuf policiers ont été légèrement blessés.

Les Gilets Jaunes annoncent déjà un acte XIV, ce samedi dans les rues de Montpellier. Les casseurs seront de nouveau au rendez-vous.