Les commerçants de l’Écusson et des boulevards périphériques du Jeu-de-Paume et Ledru-Rollin  se remettent à peine de ce qu’ils appellent un chaos, après les saccages de samedi, en marge de la manifestation antigouvernementale : c’est l’heure de l’inventaire pour chiffrer les dommages, du rapprochement avec les assurances, des dépôts de plaintes contre X dans les commissariats de police, « nous en avons qui ont déjà été enregistrées lundi » selon Pierre Pouëssel, le préfet de l’Hérault.

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Vitrines brisées ou étoilées à coups de marteau, distributeurs automatiques de billets -DAB- aux agences bancaires cassés avec des masses, façades recouvertes de peinture, biens mobiliers détruits et/ou incendiés : les 200 casseurs avaient prémédité les raids pédestres en centre-ville et sur les boulevards après avoir bombardé policiers de la Sécurité publique et CRS de pavés et autres projectiles lourds, faisant sept blessés légers.

Des commerçants du Jeu-de-Paume et de Ledru-Rollin que Métropolitain a rencontrés lundi ne décolèrent pas. Témoignages :

>> Marouan : « Nous avons été prévenu par mail par la CCI la veille, donc vendredi, d’un risque de débordements et qu’il était plus prudent de ne pas sortir sur les trottoirs nos étals et nos terrasses, ce que l’on a d’ailleurs fait au passage des CRS en début d’après-midi, samedi. Nous nous sommes ensuite installés devant nos magasins avec certains commerçants et des voisins, afin de protéger nos biens et ceux de nos collègues. Le problème, c’est qu’en face, il y avait au moins 200 jeunes masqués et armés a vouloir casser des vitrines et du flic, surtout. Avec un commerçant voisin, je suis monté à l’arc de triomphe, devant les Jardins du Peyrou et j’ai assisté à une scène hallucinante : la député de la deuxième circonscription de l’Hérault, donc la nôtre, Mme Muriel Ressiguier avec son écharpe tricolore discuter avec le chef de la police nationale. Elle a osé demander devant nous, au commissaire de police, policiers de les laisser passer vers le Jeu-de-Paume en état de siège. On est resté tout simplement abasourdis devant son attitude et sa requête que nous voulons dénoncer et condamner publiquement. Un échange avec le chef de la police en lui assurant qu’il n’y aurait pas de casse, si on laissait passer le cortège, ce qu’il a bien été évidemment refusé. Nous nous interrogeons : comment une élue de la République a t-elle pu demander une telle chose à la police, alors même qu’elle voyait, comme nous, comme les autres manifestants les 200 casseurs en tête de file encagoulés, brandissant des barres de fer et poussant deux caddies remplis de pavés ? La situation est catastrophique pour nous : maintenant, les assurances risquent de nous classer en zone à risque et d’augmenter nos cotisations. C’est toujours la même chose, c’est les petits commerçants qui trinquent. Dimanche, nous avons eu la visite d’agents de la métropole et de la mairie, qui nous ont assurés faire le nécessaire très rapidement afin de remettre les boulevards en état. Nous remercions chaleureusement Philippe Saurel,qui est beaucoup plus responsable que la députée de La France Insoumise. Le problème maintenant, c’est que nous allons passer une semaine avec la boule au  ventre, à attendre d’autres manifestations prévues cette semaine ».

>> Lotfi : « Malgré d’avoir été prévenu par la la CCI Hérault, vendredi, j’ai été autant surpris, que choqué de la tournure qu’a pris la manifestation, pourtant interdite. J’ai vécu de véritables scènes de guerre devant ma boutique ».

>> David : « Nous avons vécu un samedi cauchemardesque provoqué par des casseurs, où l’état de droit n’avait plus sa place. L’encouragement à cette manifestation par une élue du parti des Insoumis est inacceptable,  j’ai honte pour elle, elle doit démissionner sans tarder. J’espère  que les sanctions seront proportionnelles aux dégâts provoqués. Je m’interroge : il y a eu le Karnaval des Gueux interdit, cette manifestation anti-Macron était interdite également. Mais, pourquoi se déroulent-elles ? ».

>> Cathy : « Malgré le courrier de la CCI reçu la veille qui nous incitait à la prudence, nous n’aurions jamais pu imaginer qu’il y aurait de tels débordements et une telle volonté de nuire et de casser. Comment des élus peuvent-ils cautionner ce type de manifestations en se dédouanant ensuite derrière un communiqué ? C’est une honte ».

Ultra gauche et anars

Ce mardi matin, des dizaines de magasins présentaient toujours les stigmates de ces actes de vandalisme, boulevards du Jeu-de-Paume, Ledru-Rollin, place Jean-Jaurès, rue de la Loge, Grand’rue Jean-Moulin, place de l’Observatoire, rue et place Sainte-Anne. Selon le préfet de l’Hérault, Pierre Pouëssel et le contrôleur général Jean-Michel Porez, directeur départemental de la Sécurité publique de l’Hérault, « nous connaissons la majorité des 200 casseurs qui ont sévi, il s’agit de militants violents de l’ultra gauche et de la mouvance anarchiste, solidement ancrés à Montpellier, dont un des leaders, déjà condamné par la justice n’est autre que l’éditeur d’un journal distribué notamment aux étudiants. Il fait partie de collectifs qui ont transformé des bâtiments publics et privés en squats ».

Si 48 casseurs présumés, des étudiants de Paul Valéry et des anars, ont été remis en liberté dimanche, après une brève garde à vue, l’enquête se poursuit activement : « Nous continuons nos investigations sur ces individus, la procédure judiciaire n’est pas du tout refermée », révèle le directeur départemental de la Sécurité publique de l’Hérault…

Selon nos informations, le préfet et la police nationale vont rapidement faire le ménage dans les milieux anars, tandis que le déblocage par les forces de l’ordre de l’occupation de la faculté de lettres sur le site de l’UM3 à Paul Valéry serait imminent.