Ce lundi après-midi, à l’heure où deux casseurs présumés étaient jugés en comparution immédiate devant le tribunal correctionnel de Montpellier, le préfet de l’Hérault, Pierre Pouëssel, son directeur de cabinet, Mahamadou Diarra et le contrôleur général Jean-Michel Porez, directeur départemental de la Sécurité publique de l’Hérault ont fait le point sur les violences urbaines qui ont émaillé la manifestation antigouvernementale, samedi, dans les rues de l’Écusson et sur le boulevard du Jeu-de-Paume.

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De nombreux commerces et agences bancaires ont été vandalisés par 200 casseurs qui ont tendu un guet-apens aux policiers postés en haut du boulevard du Jeu-de-Paume, sous les Jardins du Peyrou, « encagoulés et armés très bien organisés avec des leaders qui les ont guidés pour commettre des exactions, on le voit très bien sur les bandes des caméras de vidéosurveillance de la Ville. De jeunes femmes et hommes ont opéré à quatre ou cinq pour briser des vitrines et saboter des distributeurs automatiques de billets, DAB avec des marteaux. Les 200 casseurs sont arrivés avec deux caddies remplis de pavés et de projectiles lourds, ainsi que des bombes de peinture, des pétards agricoles et des fumigènes. Et ils avaient rempli de carburant des préservatifs qu’ils ont enflammés pour les jeter en direction des forces de l’ordre. 180 policiers de la Sécurité publique et CRS étaient engagés. Les casseurs portaient des sacs à dos contenant des vêtements pour se changer après les saccages et pour regagner le campus de l’UM3 à Paul Valéry par la route de Mende. Là, ils ont incendié les cagoules, masques et les vêtements noirs portés lors des attaques. Ils ont ainsi détruit tous les indices », selon le préfet, qui a dénoncé des méthodes de voyous, le patron des policiers de l’Hérault évoquant lui des « violences terroristes ».

Connus de la justice

Pour Pierre Pouëssel et Jean-Michel Porez, « ces 200 casseurs, nous les connaissons pratiquement tous, ils sont d’ici, ils fréquentent la mouvance ultra-gauche, disons anarchiste, certains sont connus des services de police et de la justice depuis 2005, ils ont des casiers judiciaires pour des violences volontaires sur des personnes dépositaires de l’autorité publique. Ils occupent actuellement des squats. Ils sont proches d’étudiants qui bloquent les accès à Paul Valéry ».

Sur les 200 casseurs, les policiers n’ont pu que procéder à l’interpellation de 51 d’entre-d’eux, avant que 49 ne soient libérés hier, fautes de preuves. La principale difficulté est de les identifier formellement, puisqu’ils étaient à visage découvert quand ils ont été arrêtés, alors qu’ils ont opéré encagoulés. « Mais, nous sommes sûrs qu’ils ont tous participé aux raids dans les rues Foch, de la Loge, Sainte-Anne, Grand’rue Jean-Moulin et sur les boulevards Ledru-Rollin et du Jeu-de-Paume », a assuré Pierre Pouëssel.

« Topographie du centre-ville particulière »

Le préfet et le directeur départemental de la police nationale ont indiqué que, « la décision de faire intervenir les forces de l’ordre dans les rues de l’Écusson et sur les boulevards derrière les casseurs ou pour les bloquer aurait été dangereuse, car ce samedi, il y a avait une grosse affluence avec des piétons, des familles avec des enfants, des commerçants. Nous n’avons pas pris le risque de nous retrouver avec de nombreux blessés. Et puis, les CRS avec leurs équipements lourd ne peuvent pas courir et rattraper des jeunes casseurs agiles, qui courent en jean et en baskets dans des ruelles du centre-ville, où la topographie est particulière ».

La faculté Paul Valéry sera débloquée

Ce lundi, le préfet de l’Hérault a révélé que la faculté de lettres Paul Valéry sera débloquée, sans donner de délai. Selon nos informations, il n’est pas exclu que les forces de l’ordre interviennent d’ici vendredi. Ce matin, le président de l’UM3, Patrick Gilli a demandé le recours à la force publique pour que les examens prévus cette semaine puissent se dérouler sans incident. « Nous devons garantir la sécurité maximale aux étudiants qui souhaitent passer ces examens et rassurer leurs familles », a prévenu Pierre Pouëssel, qui a tenu à remercier le contrôleur général Jean-Michel Porez, « pour avoir parfaitement géré la situation dans des circonstances particulièrement difficiles. Avec mon directeur de cabinet, j’ai suivi en direct sur les ondes de la police nationale le déroulement de la manifestation », les gendarmes du groupement de l’Hérault venus renforcés les effectifs du commissariat central samedi pour le transfert des suspects et Philippe Saurel, le maire de la ville et président de la métropole, « qui a donné immédiatement suite à ma requête de détourner deux bus de la TaM 3M pour transporter les 51 casseurs interpellés en garde à vue à l’hôtel de police ».

51 gardes à vue à gérer en même temps, ce fut une grande première au commissariat central, comme le fut un certain 14 avril 2016, cette fois au niveau des grenades de gaz lacrymogène que les CRS avaient utilisées pour disperser des manifestants violents : 450 !

>> Vidéo : le préfet de l’Hérault Pierre Pouëssel s’exprime


Le préfet avec son directeur de cabinet et le patron des policiers de l’Hérault. Photo JMA. Métropolitain.

L’agence de la Société Générale de la place Jean Jaurès, angle rue de la Loge a été vandalisée par les casseurs. Photo JMA. Métropolitain.