Les traditionnels poissons d’avril ont fleuri, comme chaque année le 1er avril. Métropolitain a retenu deux informations qui, sur le moment, ont paru réelles : d’abord, la venue de la Frégate « Le Languedoc », jumelée avec la Ville de Montpellier, dont elle est la marraine, grande vedette du défilé du 14 juillet prochain dans les Jardins du Peyrou. « Elle sera amenée par un convoi spécial, un beau défilé en perspective ! », a ainsi écrit hier sur son compte Twitter, Luc Albernhe, un des adjoints au maire de Montpellier, Philippe Saurel. Chapeau !

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Le « scoop » a fait plouf, mais c’était une belle trouvaille pour cet élu qui, régulièrement enclin à conduire des engins de chantier, lors des travaux de voirie qu’il vient superviser, aurait été capable de demander à piloter la frégate !

Ensuite, chapeau à nos confrères d’Objectif Gard, que l’on félicite pour avoir été particulièrement inspirés en « révélant » dimanche matin dans leur rubrique Le Fait du jour, que le MHSC et Nîmes Olympique allaient signer une convention commune pour la construction d’un grand stade de football régional baptisé Occitanie. Et en lieu et place de celui des Costières, à Nîmes…

>> Voici l’article diffusé hier, qui a mis en émoi les dirigeants des clubs de football et de rugby, des élus et les supporters…

Entre Nîmes et Montpellier la vie n’a pas toujours été rose. Cependant, avec les vicissitudes économiques qui s’invitent dans le football moderne, les temps changent. Oui, les deux villes sont proches et oui elles ne s’apprécient guère. Et quand on parle de foot c’est pire encore…C’est justement dans ce cadre qu’une nouvelle un peu spéciale mais fortement probable vient d’être annoncée ce vendredi lors de la rencontre Nîmes Olympique – Valenciennes et qui pourrait lier l’avenir des deux clubs. Montpellier n’étant pas en grande forme et Nîmes grappillant chaque journée sa place dans l’élite pour la saison prochaine, les deux structures d’Occitanie devraient évoluer en Ligue 1, au détriment de Toulouse qui risque de remplacer le Nîmes Olympique en Ligue 2.

En ce sens et au vu de la proximité géographique des deux entités sportives gardoise et héraultaise, une mutualisation des moyens est à envisager. Si la fusion sportive a longtemps été pressentie, c’est aujourd’hui un stade commun qui devrait voir le jour. À l’instar de ce qui se passe à Rome, qui fait jouer ses deux équipes professionnelles (L’AS Roma et Lazio Rome) dans la même enceinte d’une semaine sur l’autre, dans le même schéma, Nîmes et Montpellier pourraient jouer sur la même pelouse. Car à ce jour Laurent Nicollin ne parvient pas à se dépatouiller avec le problème de son futur stade qui dérange le président de l’agglomération montpelliéraine, Philippe Saurel. À Nîmes, c’est Rani Assaf, le président du NO, qui connaît toutes les peines du monde à faire adhérer le maire Jean-Paul Fournier à son projet de rachat du stade des Costières et de sa démolition-reconstruction.

Les deux présidents se seraient vus la semaine dernière et auraient trouvé un accord loin d’être idiot de construire un stade commun à Gallargues-le-Montueux ou à Lunel. Un rapprochement auquel avait en son temps pensé l’emblématique Louis Nicollin et que son fils serait sur le point de concrétiser. Avec ses 25’000 places assises et 120 loges grands formats destinées à accueillir le gotha économique et politique de la région, cette nouvelle enceinte partagée aurait l’avantage non négligeable de permettre une réduction des coûts tout en offrant aux deux clubs un outil de développement à la hauteur de leurs ambitions.

Et ce projet de SOF (Stade Occitanie Football) aurait d’autant plus de chances de voir le jour que le milliardaire Mohed Altrad, président du Montpellier Hérault Rugby et leader mondial dans le domaine des échafaudages…échafauderait maintenant l’idée d’investir dans le football et aurait manifesté son intérêt. Selon nos informations, il aurait même déjà ouvert son carnet d’adresse pour essayer de convaincre un de ses proches, l’architecte sud-africain John Whale, de prêter son concours…

Cette idée de stade commun avait déjà germé dans l’esprit d’un ancien président du Nîmes Olympique, Jean-Louis Gazeau, comme il nous l’explique : « J’avais pris contact avec Louis Nicollin, paix à son âme. Je trouvais logique et pertinent de construire un stade à mi-parcours entre Nîmes et Montpellier pour attirer un maximum de monde et surtout en finir avec cette guerre idiote entre les Crocos et la Paillade. » Car au-delà de ce rapprochement économique gagnant-gagnant se cache une volonté affirmée d’enterrer la hache de guerre et cette vieille rancune entre supporteurs qui date de la demi-finale de Coupe de France au Stade des Costières, où feu le président Nicollin par provocation avait indiqué que ses joueurs rentreraient à pied encadrés par ses chevaux si son équipe perdait.

On connaît la suite : inférieurs de deux divisions à l’époque, à la stupéfaction générale, les Nîmois avaient battu les Héraultais 1-0, se qualifiant pour la finale de la Coupe de France face à Auxerre.

Du côté des supporters Nîmois, on n’affiche pas un enthousiasme débordant. Loin s’en faut ! « Si c’est comme ça, j’irai à Pibarot voir jouer l’Olympique d’Alès et basta ! », tempête Jean-René Gardon, un des fidèles des Costières. « C’est un truc qui va se terminer en queue de poisson, peuchère ! ».

C’est dire si depuis l’épisode de la coupe de France, entre Nîmois et Montpelliérains la cohabitation reste difficile et la tension toujours bien palpable. Et si d’aventure l’année prochaine les Crocodiles devaient rejoindre les Montpelliérains au sein de l’élite cette animosité réciproque pourrait bien atteindre son paroxysme. Prudents, Laurent Nicollin et Rani Assaf jouent à la fois la carte de l’anticipation et celle de l’efficacité. Reste à savoir qui remplira le plus ce futur stade lors des prochaines confrontations en Ligue 1 entre les deux frères ennemis. Forcément dans l’Écusson Nîmois, tout le monde parie sur les Crocodiles…

Bref, on était obligé d’y croire, surtout un dimanche matin de farniente, après une nuit de fiesta pour la plupart. Sauf que, patatras, c’était un poisson d’avril. Un « crocodile » d’avril plutôt !