L’enquête, au départ, n’était pas facile, pour ne pas dire impossible : des jets de cocktails Molotov visant volontairement des sapeurs-pompiers de Nîmes en intervention surpris par la violence de l’attaque, en pleine nuit, sans avoir pu apercevoir le ou les auteurs, dans une zup  -les cités de Pissevin-Valdegour- où les petits caïds font leur loi et imposent l’omerta.
Cette agression qui aurait pu avoir de tragiques conséquences était survenue dans un contexte de violences récurrentes envers les pompiers, mais également les policiers de la Sécurité publique, caillassés dans la zup ouest pratiquement toutes les nuits, à cette période de la fin de l’année dernière. Au point que les casqués nîmois avaient prévenu la population des dangers auxquels ils étaient confrontés en traçant des messages à la peinture blanche sur les véhicules rouges : « Nous sommes des cibles ».
Cinq mois après les faits, les policiers de la sûreté départementale du Gard – Sécurité publique- ont réussi l’exploit d’identifier les cinq auteurs présumés, grâce à des investigations exemplaires. Ils étaient cinq, âgés de 15 à 21 ans, dont trois mineurs. Ils ont été mis en examen jeudi à la suite de l’agression des trois pompiers à bord d’une ambulance, visés par des pavés et des cocktails Molotov, une nuit d’octobre. Une patrouille de policiers du commissariat avait été également la cible des agresseurs.

Guet-apens

Le procureur, Eric Maurel, a annoncé la mise en examen de ces cinq jeunes, âgés de 15 à 21 ans, pour « dégradations et destructions par moyens dangereux sur des policiers et pompiers » et pour « embuscade ou guet-apens aggravé »Un mineur a été placé en détention provisoire, les autres ont été libérés sous contrôle judiciaire.
L’un des mineurs a été placé en détention provisoire par le juge des libertés conformément aux réquisitions du parquet qui a également demandé l’incarcération des deux personnes majeures, qui étaient en cours de présentation à un juge jeudi soir. Il a demandé que les deux autres mineurs soient placés sous contrôle judiciaire.
Ces jeunes gardois ont été interpellés mardi dans le quartier sensible de Pissevin, à Nîmes après plusieurs mois d’enquête et d’exploitations d’indices matériels, notamment le visionnage des caméras de vidéosurveillance et l’analyse des téléphones portables des cinq mis en examen.

Engins enflammés

Dans la nuit du 7 au 8 octobre dernier, des policiers et une ambulance des sapeurs-pompiers de Nîmes avaient été accueillies par des jets de pierres et de cocktails Molotov. Un engin enflammé avait atterri sur l’ambulance de trois casqués gardois, miraculeusement indemnes. Tout comme les policiers.
« La police était directement visée, c’est une question de chance, si la voiture de la police n’a pas brûlé », a indiqué le procureur de la République de Nîmes. « Dans ce dossier, il y a des individus qui confectionnent des engins incendiaires, d’autres qui les transportent et d’autres qui les lancent » révèle le procureur. Le juge d’instruction nîmois a délivré une commission rogatoire aux enquêteurs pour poursuivre les investigations.