« Agir pour protéger », tel est le slogan qui sied parfaitement au quotidien des douaniers de la direction régionale de Montpellier, dont le bilan de l’activité de l’année dernière a été présenté, ce vendredi.

En poste depuis bientôt trois ans, François Brivet, le directeur régional des douanes de Montpellier qui, géographiquement couvre l’Hérault, le Gard et la Lozère avec ses 241 agents a confirmé que, « la mission des douaniers est de protéger les consommateurs et les mineurs en luttant contre la fraude, les entorses à la fiscalité, notamment la TVA, le blanchiment, les trafics de drogue, de cigarettes, de tabac, les contrefaçons, les infractions en matière de denrées animales ou alimentaires prohibées et l’immigration clandestine et donc contre le terrorisme ».

En 2017, les quatre brigades de surveillance n’ont pas chômé; implantées à Montpellier -où est également installée la direction interrégionale d’Occitanie englobant, outre la direction régionale de Montpellier, celles de Perpignan et de Toulouse-, sur le site de l’aéroport de Montpellier-Méditerranée à Mauguio, à Sète et à Nîmes, appuyées par six équipes cynophiles spécialisées dans la recherche des produits stupéfiants et la détection des billets, elles ont ainsi saisi 2 411 kg de cannabis et un peu de cocaïne, plus qu’en 2016 ( 2 334 kg).

Selon François Brivet, il existe, dans un pays frontaliers de l’Est de la France, au moins une société de location de voitures qui offre une cache déjà aménagée pour que les trafiquants ramènent drogue, armes et autres produits prohibés…

Cannabis au milieu d’oignons pourris

L’affaire qui a marqué les gabelous montpelliérains et la truffe des chiens renifleurs aura été celle du 28 juillet dernier, sur l’A9 : un poids-lourd immatriculé en Bulgarie qui arrivait d’Espagne dissimulait 904 kg de résine et d’herbe de cannabis sous un stock de 12 tonnes d’oignons en état de putréfaction !

Les douaniers du port de Sète n’ont pas oublié cette saisie de juin dernier, humainement difficile à encaisser : un clandestin marocain retrouvé entre la vie et la mort dans les soutes d’un car-ferry en provenance de Nador : il n’avait pas mangé, ni bu pendant les 36 heures de traversée et, avec deux autres Marocains avait confectionné un igloo avec des centaines de kilos de sucre. C’est là qu’il agonisait. Il a été sauvé par des médecins du Samu 34. Dans des caches du bateau, les douaniers ont mis la main sur 421 kg de résine de cannabis et 284 articles de vêtements Lacoste et de Like contrefaits.

Articles chaussants, médicaments et accessoires divers

Au registre des contrefaçons, les fouilles dans les car-ferrys dans le port de Sète réservent souvent de drôles de surprises, comme ces boîtes de Viagra et de médicaments présentés aux acheteurs sur Internet comme réservant des miracles dans le traitement contre le Sida et qui, en réalité sont des produits toxiques, très dangereux pour la santé des malades. Articles chaussants, parfums et accessoires divers, de téléphonie notamment, mais également des boucles pour claquettes de marque Birkenstock -15’500 au total- et des brosses à cheveux -6 169 exactement- ont été confisqués, parmi les 30’345 contrefaçons saisies en 2017, soit le double -14’804- qu’en 2016.

300’000 € saisis mercredi sur l’A9 dans le Gard

Le nez des douanier, qui fait leur réputation, est redoutable. Témoins, les 3’071’300 euros de liquidité retrouvés dans des cachettes -des sacs thermosoudés-, ou dans une sacoche posée bien en vue sur le siège d’une voiture d’Héraultais et de Suisses, avec des délits de blanchiment visés. Cette « razzia » supérieure à 3 M€ l’année dernière constitue un énorme bond de sommes non déclarées pour échapper au fisc : en 2016, en effet, les douaniers n’avaient confisqués que 1’790’370 euros.

Pas plus tard que mercredi, les douaniers de la direction régionale de Montpellier, en inspection sur l’aire de repos de l’autoroute A9 d’Estézargues, dans le Gard, entre Nîmes et Orange ont été bien inspirés en contrôlant un poids-lourd occupé par deux chauffeurs-routiers d’un Pays de l’Est : ils ont mis la main sur 300’000 €. Un magot, dont la provenance a été jugée suspecte. Le procureur de la République de Nîmes, Eric Maurel a ordonné la saisie de cette coquette somme et le placement des routiers en garde à vue.

Un dirigeant ayant pignon sur rue démasqué

Dans la même veine, le dirigeant d’une société importatrice régionale ayant pignon sur rue à Montpellier, a été démasqué par les agents du service régional d’enquête pour une fausse déclaration de valeur éludant 3,73 M€, dont 2,8 M€ au titre de la TVA et 900’000 € au titre de droits de douane fraudés.

La douane régionale gère la filière viticole du premier bassin européen et veille sur environ 134’000 hectares de vigne, 12’468 exploitations actives, 130 caves coopératives et cent négociants vinificateurs, « un secteur où la dématérialisation se poursuit activement, avec les partenaires des douanes pour être opérationnelle en septembre 2019. L’année dernière, nous avons porté une attention particulière sur les introductions de vins espagnols et italiens en Occitanie », relève François Brivet.

Les douaniers changent leur méthode

L’année dernière, 580 kg de cigarettes et de tabac ont été saisis et des contrôles réguliers dans des épiceries de nuit et des établissements de taxiphones à Nîmes, Bagnols-sur-Cèze, Saint-Gilles-du-Gard, Montpellier et Sète ont débouché sur des fermetures administratives décidées par le préfet de l’Hérault et du Gard.

Le directeur régional des douanes de Montpellier a révélé que les agents ont changé leur méthode de travail, depuis que les barrières des péages de Saint-Jean-de-Védas et de Gallargues-le-Montueux ont disparu, doublement de l’A9 avec l’A709 oblige. La douane volante occupe de plus en plus le maillage régional, avec l’appui précieux des chiens renifleurs qui sont performants.

>> Notre reportage

Une cache de drogue détectée en 2017 par la brigade des douanes de Montpellier. Photo JMA. Métropolitain.
500 kg de cannabis étaient dissimulés dans une cache aménagée derrière les sièges d’un petit camion. Photo JMA. Métropolitain.
Les douaniers vigilants face au trafic de cigarettes et de tabac depuis l’Andorre. Photo JMA. Métropolitain.