Vincent Gaudy, un maire heureux. Ici sur des travaux de voirie financés par la commune. Photo D.R

Depuis 1990, l’association apolitique Contribuables associés passent à la loupe la gestion des communes de France. On parle pratiquement jamais de cette association qui a pourtant pignon sur rue et des communes encensées ou épinglées.

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Dans l’Hérault, depuis plusieurs années en en 2016 encore,dans la catégorie des villes de moins de 50 000 habitants, la commune de Florensac, nichée entre Agde et Pézenas, pas très loin de l’étang de Thau caracole sur le podium de celle qui est la plus économe avec une note de 20 sur 20 qui fait des jaloux. Félicitations au maire (PS), le convivial Vincent Gaudy, qui ne s’est pourtant guère vanté de cet exploit dans un domaine difficile à maîtriser : les finances publiques. Comme quoi, Vincent Gaudy sait parfaitement jongler avec les euros. Le directeur des impôts de Florensac doit être aux anges !

Cette année, deux autres communes rivalisent avec Florensac, Cournonterral, à l’ouest de Montpellier et Saint-André-de-Sangonis, entre Clermont-l’Hérault et Gignac. Les maires sont fiers également de leuir note de 20/20.

Comme pour tout concours avec podium, il y a ceux qui reçoivent des lauriers et il y a les bonnets d’ânes. Avec 0 sur 20, la station-balnéaire de la Grande-Motte et la station thermale de Balaruc-les-Bains sont les deux communes les plus dépensières de l’Hérault.

Plus de 350’000 adhérents

Contribuables associés est une association, indépendante et apolitique, ayant pour but de défendre les contribuables auprès des pouvoirs publics et notamment des parlementaires.

Contribuables associés souhaite une gestion plus économe des finances publiques françaises, plombées par de nombreux gaspillages dans les administrations publiques. Ces économies permettraient selon l’association une baisse des impôts et taxes ainsi qu’un meilleur investissement de l’argent public, plus au service des citoyens.

Son slogan « Contre l’oppression fiscale, la pression des contribuables » a été remplacé récemment par « Trop de dépenses publiques, c’est trop d’impôts ! ».

L’association qui revendiquait 135’000 adhérents en 2002, 146’000 en 2011, 200’000 en 2012 en comptait plus de 350’000 en 2015.

Depuis 2013, l’association est présidée par Claude Garrec et son délégué général est Eudes Baufreton.

Moyens d’actions

Contribuables associés souhaite avant tout sensibiliser le grand public à ses idées. Pour cela, elle utilise de nombreux moyens de communication : manifestations, mailings, études, publications, Internet, réseaux sociaux, etc.

Elle se constitue également en lobby de contribuables auprès des politiques en envoyant des dizaines de milliers de pétitions aux décideurs politiques pour les encourager à adopter certaines lois ou au contraire pour leur demander d’en abandonner d’autres, ou encore en organisant des rendez-vous parlementaires sur un sujet précis.

Contribuables associés se mobilise régulièrement sur le terrain, que ce soit dans le cadre de manifestations pour défendre les travailleurs indépendants par exemple contre le RSI, ou pour faire passer son message, comme avec son Tour de France en 2015 où l’association a sillonné 55 villes en 80 jours avec un grand bus rouge « Trop de dépenses publiques, c’est trop d’impôts ! », tout en faisant signer un référendum national pour que des réformes drastiques soient prises.

« Jour de libération fiscale »

L’association a lancé en 2000 et célèbre depuis le « jour de libération fiscale », « jour où les citoyens cessent de travailler pour le seul profit de l’État et peuvent enfin bénéficier du fruit de leur labeur ». Ce jour est calculé à partir du ratio de dépenses publiques sur le PIB, que l’association a retenu à 56,9 % en 2015, « libérant » ainsi les Français le 27 juillet. Ce jour est également donné par l’Institut économique Molinari, qui suit une méthode de calcul différente. Il a été promu par les « milieux libéraux et libertariens américains » et « par Milton Friedman, « pape » du libéralisme économique moderne ».

Aujourd’hui, l’association anime Le libre journal des contribuables, une émission sur Radio Courtoisie, un mardi sur quatre, à 18 h. Elle y invite des personnalités telles que les députés Bernard Debré, Jean-Michel Fourgous et Thierry Mariani, ou les universitaires Christian Saint-Étienne et Guy Millière.

Contribuables associés mène également des actions en justice ou auprès d’autorités administratives indépendantes : après que le Crédit lyonnais ait été condamné en 2008 à verser environ 400 millions d’euros à Bernard Tapie, l’association assignait ce dernier et les liquidateurs de ses sociétés devant le tribunal de commerce de Paris. Un interminable feuilleton judiciaire qui s’est récemment termioné par la condamnation de Bernard Tapie, le patron du quotidien La Provence à rembourser les 400 millions d’euros !

En 2009, Contribuables associés portait plainte pour « prise illégale d’intérêt » contre François Pérol, contestant les conditions de sa nomination à la tête du groupe Banque populaire Caisses d’épargne. La même année, après l’établissement d’une liste d’évadés fiscaux par le ministre du Budget Éric Woerth, l’avocat Henri-Louis Delsol saisissait la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) au nom d’une partie de ses clients et de Contribuables associés.

Le 18 novembre 2007, Contribuables associés appellait à manifester, avec d’autres associations, contre les grèves et les blocages dans les transports et les universités ; le mouvement réunissait entre 8’000 et 10’000 personnes. En 2012, l’association soutenait le mouvement dit des « pigeons » qui rassemble des entrepreneurs opposés au projet de loi de finances et à l’intégration au barème de l’impôt sur le revenu des plus-values de cessions mobilières. Des « pigeons » actifs à Baillargues, dans l’Hérault, contre le maire de la commune…

En 2015, Contribuables associés lançait une pétition qui réunissait plus de 11’000 signatures contre la loi sur le statut de l’élu local adoptée par l’Assemblée nationale, affirmant que les députés se sont attribués un « parachute doré » en « doublant l’indemnisation des élus à la fin de leur mandat ». Bref, l’association est d’une vigilance absolue sur l’intégrité des élus, des plus petits aux plus grands et influents.

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